Comptabilité25 février 2026· 6 min de lecture

Relancer un impayé quand on est artisan : le guide pratique (avec modèles)

Facture non payée, client qui ne répond plus ? Voici comment relancer efficacement un impayé en tant qu'artisan, de la relance amiable à la mise en demeure.

Un client qui ne paie pas, c'est un des pires stress du quotidien d'un artisan. Vous avez fait le travail, parfois avancé les fournitures, et là : silence radio. Voici comment gérer cette situation méthodiquement, sans perdre la tête ni le client.

La réalité des impayés chez les artisans

Les chiffres sont parlants :

  • 1 artisan sur 3 a déjà subi un impayé supérieur à 500 €
  • Le délai moyen de recouvrement en France est de 67 jours après l'échéance
  • Les impayés coûtent en moyenne 2 500 € par an aux artisans indépendants

La bonne nouvelle : la grande majorité des impayés se règlent avant d'en arriver à la justice, à condition de relancer au bon moment et de la bonne façon.

Les délais légaux à connaître

Avant tout, vérifiez que votre facture est bien exigible :

SituationDélai légal
Délai par défaut (B2B)30 jours après réception de la facture
Délai maximum légal (B2B)60 jours (ou 45 jours fin de mois)
Particuliers (B2C)Délai indiqué sur la facture ou 30 jours

Important : Vérifiez que vos conditions de paiement sont bien mentionnées sur vos factures (date d'échéance, taux des pénalités de retard). Sans cette mention, vous aurez du mal à justifier vos réclamations.

Les 4 étapes de la relance

Étape 1 — La relance préventive (J-5 avant échéance)

Si vous avez envoyé la facture et que l'échéance approche, un simple rappel amical peut suffire. Pas de pression — juste un message de courtoisie.

Modèle SMS ou email :

Bonjour [Prénom], je me permets de vous rappeler que la facture n°[XXX] d'un montant de [XXX]€ arrive à échéance le [date]. N'hésitez pas à me contacter si vous avez la moindre question. Bien cordialement, [Votre prénom]

Étape 2 — La première relance (J+1 à J+7 après échéance)

Le délai est dépassé ? Contactez d'abord par téléphone. Un appel vaut 10 emails. Restez courtois, le client a peut-être simplement oublié.

Si pas de réponse, envoyez un email :

Modèle email relance 1 :

Bonjour [Prénom],

Je reviens vers vous concernant la facture n°[XXX] du [date] d'un montant de [XXX]€ HT, arrivée à échéance le [date d'échéance].

Sauf erreur de ma part, je n'ai pas encore reçu le règlement. Pourriez-vous me confirmer la date à laquelle vous pensez effectuer le virement ?

Je reste disponible par téléphone si vous souhaitez en discuter.

Bien cordialement, [Prénom Nom] [Téléphone]

Étape 3 — La deuxième relance (J+15 à J+30)

Toujours pas de réponse ou pas de paiement ? Le ton devient un peu plus ferme. Mentionnez explicitement les pénalités de retard.

Les pénalités légales : Le taux légal est de 3 fois le taux d'intérêt légal (soit environ 10% en 2026). Vous avez le droit de les facturer — et de le mentionner.

Modèle email relance 2 :

Bonjour [Prénom],

Malgré ma relance du [date], la facture n°[XXX] de [XXX]€ reste impayée.

Je vous rappelle que conformément à nos conditions générales de vente et à l'article L.441-6 du Code de commerce, des pénalités de retard sont applicables depuis le [date d'échéance].

Je vous demande de bien vouloir procéder au règlement sous 8 jours.

À défaut, je me verrai contraint d'engager une procédure de recouvrement.

Bien cordialement, [Prénom Nom]

Étape 4 — La mise en demeure (J+45 et au-delà)

La mise en demeure est un acte juridique. Elle marque le début de la procédure officielle et est indispensable avant toute action en justice.

Envoyez-la en lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR).

Elle doit mentionner :

  • Le montant exact dû (facture + pénalités de retard calculées)
  • Un délai de règlement (généralement 15 jours)
  • La mention "mise en demeure" explicitement
  • La nature de la suite donnée en cas de non-paiement

Astuce : La mise en demeure peut être rédigée sur votre papier à en-tête ordinaire. Nul besoin d'un avocat à ce stade.

Si la mise en demeure n'aboutit pas

Trois voies s'offrent à vous, selon le montant :

L'injonction de payer (jusqu'à 10 000 €)

Procédure simple, sans avocat obligatoire, devant le tribunal de commerce (pour les B2B) ou le tribunal judiciaire (pour les B2C). Déposez une requête avec copie de la facture et des relances. Le juge rend une ordonnance en quelques semaines.

La procédure simplifiée (jusqu'à 5 000 €)

Depuis 2022, une procédure simplifiée dématérialisée existe pour les petites créances. Tout se passe en ligne sur le portail officiel du ministère de la Justice.

Le recouvrement amiable par un prestataire

Des sociétés de recouvrement prennent en charge la relance à votre place, souvent sans frais si le montant est recouvré (elles prennent une commission sur ce qu'elles récupèrent).

Comment éviter les impayés à l'avenir

La meilleure gestion des impayés, c'est de les éviter :

  1. Demandez un acompte systématiquement — 30% à la commande est légal et normal dans le BTP
  2. Numérotez et datez toutes vos factures — obligatoire et facilite le suivi
  3. Mentionnez les pénalités de retard sur chaque facture — ça dissuade
  4. Configurez des relances automatiques dans votre logiciel de facturation — vous n'y pensez plus
  5. Renseignez-vous sur vos clients professionnels — un client en difficulté financière se détecte souvent avant de travailler pour lui (Société.com, Infogreffe)

Les relances automatiques : la solution moderne

Un logiciel de facturation adapté aux artisans envoie automatiquement vos relances aux dates que vous choisissez. Vous définissez le scénario une fois :

  • J+7 : email de première relance
  • J+21 : email de deuxième relance
  • J+45 : alerte dans votre tableau de bord

Vous récupérez du temps, vous récupérez votre argent.


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